Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 

Extrait roman

Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 19:39

Sauvage. Rien que l'endroit est déjà sauvage. A quelques kilomètres de la frontière italienne, dans un paysage désertique où le mistral, le soleil et la lumière font crier les pierres des collines, le bruit assourdissant d’un engin spécialisé dans le transport d’œuvres monumentales écrase le crissement des cigales. Grimpant la colline en laissant derrière lui les traces anguleuses de ses chenillettes, l’engin qui transporte une statue sanglée et protégée au maximum, stoppe sur le geste péremptoire d’une jeune femme. Elle est vêtue d’une ample blouse informe couleur de pierre qui lui bat les mollets et danse autour d’un corps que l’on devine parfait.
Il est encore très tôt, mais la chaleur fait déjà vibrer la colline. Parvenue à un endroit bien précis, ballotant dangereusement au bout de sa poulie à cause du mistral, la première des vingt-sept statues qui constitueront l’exposition de Victoire Tamina - dont la première présentation deux ans plus tôt, avait enflammé unanimement grand public et critiques d’art - est descendue lentement vers le sol, maintenue et retenue par trois ouvriers et l’artiste elle-même qui dirige les opérations de main de maître. Elle s’adresse tour à tour au cariste qui manœuvre l’engin élévateur et aux ouvriers en sueur qui manipulent la statue oscillant à vingt centimètres du sol.
- Non ! Ça ne va pas ! Remontez ! On la tourne de dix centimètres vers la droite… Non ! C’est trop. Dix centimètres. Posez ! DOUCEMENT ! Non ! Ce n’est pas ce que je veux. On recommence.
Trois fois, Victoire fait remonter la statue et exige un changement d’orientation ou d’emplacement. Enfin, la sculpture est en place et décrochée. Victoire et les hommes la débarrassent de ses protections. Au-dessus d’un socle fait du même matériau que la statue apparaît un jeune homme pétrifié dans une attitude qui met mal à l’aise : vêtu d’une simple serviette de toilette nouée autour de la taille - sculptée comme l’éphèbe avec un réalisme saisissant - il est dressé sur une seule jambe, et semble vouloir s’échapper en courant, la bouche ouverte sur un cri d’horreur muet. Victoire se recule d’une vingtaine de mètres pour juger de l’effet en se massant le bas du dos tandis que les hommes soufflent en échangeant quelques mots.
- A ce train-là, son expo sera jamais prête dans quinze jours…
- Vous avez vu ses yeux ? Moi j’arrive même pas à la regarder en face…
- Mais putain qu’elle est belle.
Aux regards frémissants que les hommes échangent, on voit qu’ils seraient tous prêts à aller déplacer la lune de deux centimètres et demi si elle le leur demandait.

Extrait de "LA PIERRESSE"
Thriller de Brigitte Bellac en recherche d'éditeur

 

Par Les mots migrateurs - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 16:52

Les pas de l’étrangère sont si légers ce soir, sur la poussière blonde du chemin. Le vent effiloche encore quelques rares nuages et les rassemble patiemment au-dessus du bosquet où ils s’enroulent en volutes nonchalantes, deviennent moutons blancs pour offrir leurs flancs à la caresse rose du soleil qui commence à descendre vers la colline, là-bas.
Dans la plaine dorée, les blés murs ont frémi, leur tête agitée d’une houle nouvelle.
Comme d’énormes voiles poussiéreuses, de l’horizon s’élèvent d’inquiétantes nuées, et l’air vibre au loin d’un sourd grondement.
Tapie dans ce nuage de terre et de son, la bête rutilante, articulations bien huilées, mâchoires acérées, poursuit en grommelant sa marche régulière, inexorablement dessine dans les champs une nouvelle géométrie.
Les grands blés ont cédé la place aux chaumes. Leurs grains dodus gavés de chaleur s’entassent dans la profonde remorque du camion que les deux hommes voudraient bien ramener à la ferme avant la nuit.
Quentin, droit campé sur ses deux pieds de fier et honnête paysan, calcule déjà dans sa jeune tête le profit de la récolte, élabore des projets qu’il soumettra à l’approbation de l’aîné.
C’est que Maxime, de toute la puissance de sa massive stature, patient, endurant et solide comme le vieux chêne, en impose encore à son cadet
Il est descendu posément de la moissonneuse et s’attarde auprès d’elle comme autrefois il voyait son père, reconnaissant du travail accompli, s’attarder auprès des chevaux, lève vers le ciel un visage dense et grave, comme façonné de la terre généreuse de son pays, roule dans sa grande main la promesse des grains blonds et se décide enfin à rejoindre le jeune homme.
Il est descendu posément de la moissonneuse et s’attarde auprès d’elle comme autrefois il voyait son père, reconnaissant du travail accompli, s’attarder auprès des chevaux, lève vers le ciel un visage dense et grave, comme façonné de la terre généreuse de son pays, roule dans sa grande main la promesse des grains blonds et se décide enfin à rejoindre le jeune homme.

Satisfaits de la journée qui s’achève, unis dans une même fatigue et laissant pour demain les mots qui parfois désunissent, ils échangent enfin un sourire complice et « en route, faudrait pas tarder, le ch’tiot nous attend à la maison»
C’est à cet instant qu’elle prend conscience qu’ils ont remarqué sa présence.
Petite silhouette grise au bord du chemin, ses pas l’ont conduite, une fois de plus, à la limite raisonnable pour une promenade solitaire, là où les dernières maisons du village côtoient les vastes étendues céréalières, à l’orée de la mélancolie terrée sous l’or pale des champs.
Elle a tant aimé hier, lorsque le froid soleil d’hiver l’invitait au dehors, deviner sous la neige la griffe brune des sillons labourés ; et c’est avec une attention presque maternelle qu’elle suivait, du printemps à l’été, l’éclosion progressive des couleurs, des pastels vert pâle réveillant les taillis et les haies jusqu’aux nuances bleutées de la naissance des blés ; Sous la lumière changeante des ciels de Picardie, elle les a vus grandir et troquer leur livrée verte pour une parure d’or, s’est enivrée dans l’air tremblant des soirs d’été, de leur suave senteur mêlée à celle de la terre encore chaude.
Et ce soir, comme maint autre soir, leur nécessaire chute sous les lames mécaniques ravive en elle des souvenirs, évoque d’autres fins….

Elle salue simplement les deux hommes d’un discret mais amical signe de tête : « Bonsoir », juste mesure pour ne passer ni pour une sauvage, ni pour une « pimbêche de la ville ».
Bientôt, il faudra qu’elle aille à la mairie, et peut-être au café ou au presbytère, chiner quelques renseignements ; elle doit avoir un entretien avec le maire et rencontrer certains de ses administrés.
Demain, elle devra trahir sa chère solitude pour investir un peu le village, chercher réponse à ses questions, s’imprégner autant que possible de cette humanité campagnarde qu’elle craint d’avoir oubliée, mais dont il lui revient des bouffées de souvenirs rescapés du plus profond de l’enfance.
Demain … est un autre jour.
Pour l’heure, se hâter vers l’abri de son modeste logis temporaire ; ne pas tenter le sort en traînant plus tard au dehors.

Hélène Buscail – Début de son roman « Un écureuil dans les blés ou l’enfant de papier ».

 

Par Mots Migrateurs - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 13:12

A quelques kilomètres de la frontière italienne, dans un paysage désertique où le mistral, le soleil et la lumière font crier les pierres des collines, le bruit assourdissant d’un engin spécialisé dans le transport d’œuvres monumentales écrase le crissement des cigales.
Grimpant la colline en laissant derrière lui les traces anguleuses de ses chenillettes, l’engin qui transporte une statue sanglée et protégée au maximum, stoppe sur le geste péremptoire d’une jeune femme. Elle est vêtue d’une ample blouse informe couleur de pierre qui lui bat les mollets et danse autour d’un corps que l’on devine parfait.
Il est encore très tôt, mais la chaleur fait déjà vibrer la colline. Parvenue à un endroit bien précis, ballotant dangereusement au bout de sa poulie à cause du mistral, la première des vingt-sept statues qui constitueront l’exposition de Victoire Tamina - dont la première présentation deux ans plus tôt, avait enflammé unanimement grand public et critiques d’art - est descendue lentement vers le sol, maintenue et retenue par trois ouvriers et l’artiste elle-même qui dirige les opérations de main de maître. Elle s’adresse tour à tour au cariste qui manœuvre l’engin élévateur et aux ouvriers en sueur qui manipulent la statue oscillant à vingt centimètres du sol.
- Non ! Ça ne va pas ! Remontez ! On la tourne de dix centimètres vers la droite… Non ! C’est trop. Dix centimètres. Posez ! DOUCEMENT ! Non ! Ce n’est pas ce que je veux. On recommence.
Trois fois, Victoire fait remonter la statue et exige un changement d’orientation ou d’emplacement.
Enfin, la sculpture est en place et décrochée. Victoire et les hommes la débarrassent de ses protections. Au-dessus d’un socle fait du même matériau que la statue apparaît un jeune homme pétrifié dans une attitude qui met mal à l’aise : vêtu d’une simple serviette de toilette nouée autour de la taille - sculptée comme l’éphèbe avec un réalisme saisissant - il est dressé sur une seule jambe, et semble vouloir s’échapper en courant, la bouche ouverte sur un cri d’horreur muet.
Victoire se recule d’une vingtaine de mètres pour juger de l’effet en se massant le bas du dos tandis que les hommes soufflent en échangeant quelques mots.
- A ce train-là, son expo sera jamais prête dans quinze jours…
- Vous avez vu ses yeux ? Moi j’arrive même pas à la regarder en face…
- Mais putain qu’elle est belle.
Aux regards frémissants que les hommes échangent, on voit qu’ils seraient tous prêts à aller déplacer la lune de deux centimètres et demi si elle leur demandait.
*
Au fil des jours qui passent, malgré la difficulté de l’ouvrage et la chaleur accablante, les ouvriers, subjugués par le charisme de Victoire et sa beauté - donnent le meilleur d’eux-mêmes jusqu’à travailler de l’aube au crépuscule, week-ends compris. Entre eux, ils la surnomment : ‘La Pierresse’.
C’est ainsi qu’une semaine plus tard, la colline s’est peuplée de vingt et un hommes pétrifiés. L’un d’eux, totalement nu, est lové paisiblement dans la posture d’un dormeur confiant, à moitié recouvert d’un drap de pierre. Un autre est à genoux, les mains tendues, implorant la pitié. Un autre encore, simplement vêtu d’un short, est à quatre pattes, les fesses en l’air, la langue pendante, dans l’attitude d’un chien qui veut jouer avec la balle qu’il tient entre ses mains. Chacun a une posture particulière, de la plus morbide à la plus surprenante, souvent dérangeante, parfois franchement comique. Mais ce qui est commun à tous ces hommes, c’est la beauté et l’harmonie de leurs jeunes corps musclés et souples. Toutes ces statues sont d’un naturel et d’un réalisme si puissants que l’on s’attend à chaque instant à ce qu’ils se mettent à bouger et poursuivent leur mouvement.
Les éclats de quartz du matériau dans lequel ils ont été sculptés jettent mille feux sur la colline écrasée de soleil. S’inscrivant dans le paysage, selon un plan déterminé, ces hommes de pierre, érigés parmi les pierres, font une impression très étrange.
A chaque nouvelle statue en place, armée d’un maillet, Victoire, la bouche entrouverte et la respiration haletante, donne avec amour un petit coup de burin par ci, un léger coup de ciseau par là, peaufinant son œuvre jusqu’à la dernière minute, rectifiant de quelques microns le drapé d’un vêtement, une fossette légère au creux d’un menton ou l’ondulation d’une chevelure. Parfois, son doigt s’attarde sensuellement sur l’ovale d’un visage ou sur la saignée d’un bras.
L’artiste caresse ses statues.


Brigitte Bellac (début de son roman « La Pierresse », en cours d’écriture)

Par Mots Migrateurs - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 19:22

Avançant dans un étroit couloir, débouchant sur des toilettes assez sales et
aux présumés nombreux microbes, l'agent stoppe devant la porte
comportant le numéro trois. La chambre en elle-même mesure environ
quatre mètres de profondeur sur deux de largeur. Elle est mansardée dès
le sol sur un pan de mur et la fenêtre, en piteux état, laisse passer l'air.

La visite est rapide, et pour cause : huit mètres carrés. Le jeune agent
immobilier pourrait éventuellement présenter le lavabo. Deux usages en un
: cuisine et salle de bain, il sert accessoirement de douche puisque si vous
avez suivi, il n'y a pas de douche, ni dans la chambre, ni sur le palier.

Oui, la visite est rapide. Du pas de la porte, Lucie et les autres prétendants
ont déjà tout vu. Mais où est donc passé le chauffage électrique et le
carrelage nouvellement posé, comme l'annonçait si fièrement cette
annonce débutant par « logement refait à neuf » ?

 ---

Prescillia Leroy présentera son premier roman lors la manifestation Mots
Arts au Carreau de Cergy le mardi 14 octobre de 18 h à 19 h : voir
www.motsarts.net et www.apprentie-etudian
 

Par Mots Migrateurs - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 14:25

J’étais occupée, en permanence occupée, possédée. Je tournais dans la maison comme un lion en cage. Et quand je ne tenais plus, je prenais le premier objet à portée de main et je me frottais dessus. Un petit corps en sueur et qui tremble.
Une cascade d’eau qui se déverse pour le goulot d’une bouteille.
Dans ces moments-là, plus rien n’existait. Il n’y avait plus que ça. Et ma frayeur.
Il faut imaginer : je n’étais qu’une enfant. Je n’étais qu’une enfant…
Et personne à qui dire simplement, explique-moi, je ne comprends pas ce qui m’arrive, j’ai mal.
Une enfant seule et déjà une droguée en quête de sa dose de sexe.
Je ne faisais pas partie des schémas convenus des hommes, pas de ceux que l’on étale aux yeux de tous. Oui papa Freud aura dit la perversité de l’enfant, et cela on l’entend, du moins intellectuellement. Mais voir une petite fille, une tétine dans la bouche, les yeux révulsés de désir, le vagin trempé, assoiffée d’une bite ou de tout autre bout de chair à absorber, cela, qui peut l’entendre ? M’entendez-vous ? Me reconnaissez-vous ?
Oui, là mon appel. Et là ma révolte, je ne peux plus porter en silence ce dégoût face à l’innommable de moi, de vous.
Je ne peux plus croire que je suis un cas à part, sentence assénée par vos non-dits multimillénaires.
Et n’est-ce pas lui, l’adulte, qui m’a initiée, qui a réveillé mon mal en forme de manque ?

            Je suis de vous.
Issue de vos embrassades nocturnes et de vos accouplements dérobés, (toujours dérobés). J’ai lu vos livres et contemplé vos œuvres, j’ai accueilli vos soupirs et vos plaintes, j’ai dormi dans vos lits et caressés vos tourmentes, j’ai visité vos cathédrales, j’ai écouté vos sermons, j’ai suivi vos religions, j’ai ri avec vous, j’ai pleuré.
Je me reconnais dans la lueur de vos regards suintant d’envie, dans vos gestes calculés de séducteurs masqués, dans la torsion de vos doigts malhabiles en quête de quelque épiderme à frôler, dans le velouté de vos seins déployés, dans la moiteur de vos langues pendues à vos lèvres, dans vos souffrances de bambins soumis aux caprices de leurs bites-vagins.
Je vous ai vus et je me suis reconnue en vous.
Je suis le monde qui balance entre plaisir et dégoût et qui joue de jouir, en pleurant.
Je suis vous. Comment pourriez-vous n’être pas moi ?

Extrait de l’ouvrage « Baisant, seule », récit de Camélia Montassere, paru dans la collection Les Flueurs aux Editions Le Grand Souffle : http://www.legrandsouffle.com/livres_baisant.html. Camélia sera l’invitée de l’émission Les Mots Migrateurs sur Radio RGB le dimanche 6 avril à 22 h 00 (Radio RGB, 99,2 FM en Val d’Oise ou en streaming sur www.radiorgb.net).

Par V. Gabralga - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 17:48

Du fil de ces années où le fado m'a prise dans son moule
me marquant de manière indélébile de la saudade des Portugais,
je suis restée les sens imprégnés des images de l'estuaire du Tage.

Encore aujourd'hui, l'eau m'attire comme source de vie
qui rend sereine cette angoisse : vivre ou non-vivre !

Le bourdonnement du fleuve qui s'en va déboucher dans la mer
s'est mis à déteindre en moi dans mes promenades imaginaires
à travers le rouge des toits de tuiles de la cité des Lisboètes.
Et quand je descendais la Baixa aimantée par les quais
du Terreiro de Paço, je vivais déjà l'attente de laisser plonger
mon désir de humer le ciel, couleur d'azulejo endormi,
venant se projeter dans les mouettes marines du Tage.

Alors je fermais les yeux et je buvais d'un trait énergique
l'iode des plages qui arrivent au delà du pont et qui imbibent l'air, là-bas,
au point de rencontre des eaux.

Ce mélange du doux et du salé a inondé mon âme d'un sanglot prémonitoire
de fantaisie et d'amertume, de joie et de souffrance.
Ainsi, sans le savoir, je me suis sentie en communion
au point  de jonction des opposés des êtres hybrides à deux faces,
marquée du sceau, du sceptre solaire,
consécration mystique d'un vertige irréversible.

Et dans une union, sorte de kyrielle de tous les éléments,
le vent, dans un rugissement, ouvrit pour toujours la déchirure de mon destin,
me remettant dans les mains le spectre du verbe partir....

                                                                                                                                           Paula Gonçalves

Extrait de Ancre en éclats/ Âncora estilhaçada aux Editions Lusophone, collection Témoignages, version bilingue, 2006
Extrait « exposé » à Mots Arts  en correspondance avec Triptyque lisboète de Paula Liberato

Par Paula Gonçalves - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /Mars /2006 18:57

  La tristesse s’abattit d’un coup sur Sandra. Elle se dirigea vers l’arrêt de bus pour se rendre à son travail. Frissonnante, elle regardait ce paysage familier, embelli par la présence du manteau neigeux. Le répit serait court et la beauté fugace, avant de se transformer en une pataugeoire salissante après le passage des piétons et des véhicules. Avec un peu de chance, si la température ne repassait pas au-dessus de zéro, seules les branches des arbres garderaient jalousement ce curieux habit. Si la neige était encore présente ce soir, toutes deux se précipiteraient à la fenêtre et joueraient des lueurs échappées des lampadaires, transformant les alentours en conte imaginaire. Jolie soirée en perspective pour la mère et la fille qui s’inventaient des histoires dès qu’une occasion se présentait.

 

   Extrait du roman (p.8) « Pour un enfant » de Marie-Laure Bigand paru aux éditions In Octavo (www.inoctavo.com)

 

Par Marie Laure Bigand - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /Fév /2006 21:03

A quarante-deux ans, Victor est un écrivain admiré et respecté. La spirale des mots, sous sa plume, a le pouvoir extraordinaire de donner la vie. Avec dynamisme, vitalité et bonheur, il les choisit. A chacune de ses phrases la moindre plume virevolte, le petit caillou ricoche, la fleur ignorée se révèle. Il sait parfaitement jongler avec les mots, il les manie avec aisance et amour pour créer la beauté. Victor a la faculté de baigner ses lecteurs dans la joie ou la tristesse, l’émotion, le trouble, la peur, la surprise, l’amour, la haine ou l’horreur, l’espoir et la tendresse. Il aime les mots autant que les livres. Les livres existent par les mots. Chacun a son importance, si petit fut-il, il est le rouage qui fait tourner la phrase. Chaque phrase fait partie intégrante du texte et contribue à la naissance de l’émotion, du sentiment. Victor est devenu un maître littéraire et il sait tout exprimer, simplement avec des mots.

Avec l’aimable autorisation de l’auteure : Marie Souffron. Extrait de l’ouvrage « Le fil invisible », roman paru aux Edtions Ivoire-Clair dans la collection « Le Moulin à Paroles », p.24.

Par Marie Souffron - Publié dans : Extrait roman
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés