Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 
Mercredi 20 février 2008

J’étais occupée, en permanence occupée, possédée. Je tournais dans la maison comme un lion en cage. Et quand je ne tenais plus, je prenais le premier objet à portée de main et je me frottais dessus. Un petit corps en sueur et qui tremble.
Une cascade d’eau qui se déverse pour le goulot d’une bouteille.
Dans ces moments-là, plus rien n’existait. Il n’y avait plus que ça. Et ma frayeur.
Il faut imaginer : je n’étais qu’une enfant. Je n’étais qu’une enfant…
Et personne à qui dire simplement, explique-moi, je ne comprends pas ce qui m’arrive, j’ai mal.
Une enfant seule et déjà une droguée en quête de sa dose de sexe.
Je ne faisais pas partie des schémas convenus des hommes, pas de ceux que l’on étale aux yeux de tous. Oui papa Freud aura dit la perversité de l’enfant, et cela on l’entend, du moins intellectuellement. Mais voir une petite fille, une tétine dans la bouche, les yeux révulsés de désir, le vagin trempé, assoiffée d’une bite ou de tout autre bout de chair à absorber, cela, qui peut l’entendre ? M’entendez-vous ? Me reconnaissez-vous ?
Oui, là mon appel. Et là ma révolte, je ne peux plus porter en silence ce dégoût face à l’innommable de moi, de vous.
Je ne peux plus croire que je suis un cas à part, sentence assénée par vos non-dits multimillénaires.
Et n’est-ce pas lui, l’adulte, qui m’a initiée, qui a réveillé mon mal en forme de manque ?

            Je suis de vous.
Issue de vos embrassades nocturnes et de vos accouplements dérobés, (toujours dérobés). J’ai lu vos livres et contemplé vos œuvres, j’ai accueilli vos soupirs et vos plaintes, j’ai dormi dans vos lits et caressés vos tourmentes, j’ai visité vos cathédrales, j’ai écouté vos sermons, j’ai suivi vos religions, j’ai ri avec vous, j’ai pleuré.
Je me reconnais dans la lueur de vos regards suintant d’envie, dans vos gestes calculés de séducteurs masqués, dans la torsion de vos doigts malhabiles en quête de quelque épiderme à frôler, dans le velouté de vos seins déployés, dans la moiteur de vos langues pendues à vos lèvres, dans vos souffrances de bambins soumis aux caprices de leurs bites-vagins.
Je vous ai vus et je me suis reconnue en vous.
Je suis le monde qui balance entre plaisir et dégoût et qui joue de jouir, en pleurant.
Je suis vous. Comment pourriez-vous n’être pas moi ?

Extrait de l’ouvrage « Baisant, seule », récit de Camélia Montassere, paru dans la collection Les Flueurs aux Editions Le Grand Souffle : http://www.legrandsouffle.com/livres_baisant.html. Camélia sera l’invitée de l’émission Les Mots Migrateurs sur Radio RGB le dimanche 6 avril à 22 h 00 (Radio RGB, 99,2 FM en Val d’Oise ou en streaming sur www.radiorgb.net).

par V. Gabralga publié dans : Extrait roman
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Dimanche 10 décembre 2006

Du fil de ces années où le fado m'a prise dans son moule
me marquant de manière indélébile de la saudade des Portugais,
je suis restée les sens imprégnés des images de l'estuaire du Tage.

Encore aujourd'hui, l'eau m'attire comme source de vie
qui rend sereine cette angoisse : vivre ou non-vivre !

Le bourdonnement du fleuve qui s'en va déboucher dans la mer
s'est mis à déteindre en moi dans mes promenades imaginaires
à travers le rouge des toits de tuiles de la cité des Lisboètes.
Et quand je descendais la Baixa aimantée par les quais
du Terreiro de Paço, je vivais déjà l'attente de laisser plonger
mon désir de humer le ciel, couleur d'azulejo endormi,
venant se projeter dans les mouettes marines du Tage.

Alors je fermais les yeux et je buvais d'un trait énergique
l'iode des plages qui arrivent au delà du pont et qui imbibent l'air, là-bas,
au point de rencontre des eaux.

Ce mélange du doux et du salé a inondé mon âme d'un sanglot prémonitoire
de fantaisie et d'amertume, de joie et de souffrance.
Ainsi, sans le savoir, je me suis sentie en communion
au point  de jonction des opposés des êtres hybrides à deux faces,
marquée du sceau, du sceptre solaire,
consécration mystique d'un vertige irréversible.

Et dans une union, sorte de kyrielle de tous les éléments,
le vent, dans un rugissement, ouvrit pour toujours la déchirure de mon destin,
me remettant dans les mains le spectre du verbe partir....

                                                                                                                                           Paula Gonçalves

Extrait de Ancre en éclats/ Âncora estilhaçada aux Editions Lusophone, collection Témoignages, version bilingue, 2006
Extrait « exposé » à Mots Arts  en correspondance avec Triptyque lisboète de Paula Liberato

par Paula Gonçalves publié dans : Extrait roman
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Mardi 28 mars 2006

  La tristesse s’abattit d’un coup sur Sandra. Elle se dirigea vers l’arrêt de bus pour se rendre à son travail. Frissonnante, elle regardait ce paysage familier, embelli par la présence du manteau neigeux. Le répit serait court et la beauté fugace, avant de se transformer en une pataugeoire salissante après le passage des piétons et des véhicules. Avec un peu de chance, si la température ne repassait pas au-dessus de zéro, seules les branches des arbres garderaient jalousement ce curieux habit. Si la neige était encore présente ce soir, toutes deux se précipiteraient à la fenêtre et joueraient des lueurs échappées des lampadaires, transformant les alentours en conte imaginaire. Jolie soirée en perspective pour la mère et la fille qui s’inventaient des histoires dès qu’une occasion se présentait.

 

   Extrait du roman (p.8) « Pour un enfant » de Marie-Laure Bigand paru aux éditions In Octavo (www.inoctavo.com)

 

par Marie Laure Bigand publié dans : Extrait roman
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Vendredi 24 février 2006

A quarante-deux ans, Victor est un écrivain admiré et respecté. La spirale des mots, sous sa plume, a le pouvoir extraordinaire de donner la vie. Avec dynamisme, vitalité et bonheur, il les choisit. A chacune de ses phrases la moindre plume virevolte, le petit caillou ricoche, la fleur ignorée se révèle. Il sait parfaitement jongler avec les mots, il les manie avec aisance et amour pour créer la beauté. Victor a la faculté de baigner ses lecteurs dans la joie ou la tristesse, l’émotion, le trouble, la peur, la surprise, l’amour, la haine ou l’horreur, l’espoir et la tendresse. Il aime les mots autant que les livres. Les livres existent par les mots. Chacun a son importance, si petit fut-il, il est le rouage qui fait tourner la phrase. Chaque phrase fait partie intégrante du texte et contribue à la naissance de l’émotion, du sentiment. Victor est devenu un maître littéraire et il sait tout exprimer, simplement avec des mots.

Avec l’aimable autorisation de l’auteure : Marie Souffron. Extrait de l’ouvrage « Le fil invisible », roman paru aux Edtions Ivoire-Clair dans la collection « Le Moulin à Paroles », p.24.

par Marie Souffron publié dans : Extrait roman
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