Comme un chapeau de sable
En sortant de notre visite au Musée Magritte Museum
Nous nous sommes retrouvés en plein désert…
Etait-ce un hasard ?
Brussel et sable…
Des dunes poussaient dans les rues
sillonnées par les chameautobus caméléons.
Muni de notre Caravan Pass
Nous allâmes d’un quartier l’autre
en admirant l’effaçade des maisons des siècles passés.
A la sortie du Musée Magritte Museum
assailli par une méharée de mirages
nous nous sommes retrouvé sur le Mont Désert
à rechercher l’entrée des Arts
triste
A la place nous aurions mieux fait de visiter
le Musée de la Moustache, des Postiches et des Bacchantes
ou d’écumer comme un cheval les brocantes avoisinantes,
mais je n’avais pas eu le nez assez creux.
Cela devait arriver : j’ai voulu voir l’autoportrait
de l’Homme à la tête de Pipe
et je n’ai pas vu plus loin que le bout de Monet.
Toujours est-il qu’une tempête de marchand de sable
issue du pinceau réaliste des Orientalistes
nous plongea dans un sommeil profond.
Sommeil de plomb transforme le rêve en or :
Alchimie de l’art
Magritte dans sa Maison-iceberg
ourdit notre évasion urbi et orbite
pour que nos regard défenestrés
nourris à la fortune du beau
fassent trembler la femme de la bougie.
Quelle vision magique m’agrippa dans la Maison Magritte
pour m’inviter à regarder dans le futuroviseur ?
Des images infidèles défilaient dans la foule effacée.
Le réel n’était plus un endroit sûr.
J’étais seul dans la file d’attente en vain.
La civilisation me démangeait comme un membre coupé.
J’avais perdu mon emploi à l’usine de sabliers :
le temps ne m’était plus compté…
Je ne pointais plus que sur la marche des pieds.
Je restais de marbre devant le spectacle d’une société
aussi absurde que cet escalier menant à un mur.
Alors, lassé de voir la Colombe déchirée
laisser couler sa chevelure de sang dans l’azur,
lassé de voir les pièces vivantes de l’échiquier du monde
faire toujours échec et masques à l’amour,
je suis parti me cacher quelque part dans le désert
où l’invisible court à perte de vue.
Et c’est là que je t’ai retrouvée, femme à la robe de pierre.
Loin des sirènes qui m’empoissonnaient l’existence
nous avons grimpé au sommet de la dune de sable
pour ouvrir la cage à nuages.
… Nuages doux comme des agneaux aux ventres roses
sur lesquels s’imprimait l’empreinte de tes pas…
Assis sur le trésor de Shéhérazade
un vieux marin échoué grattait sa jambe de bois.
Jean Gennaro
Derniers Commentaires