Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 
Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 19:54

Comme un chapeau de sable

 

En sortant de notre visite au Musée Magritte Museum 

Nous nous sommes retrouvés en plein désert…

Etait-ce un hasard ?

 

Brussel et sable… 

Des dunes poussaient dans les rues 

sillonnées par les chameautobus caméléons.

Muni de notre Caravan Pass 

Nous allâmes d’un quartier l’autre

en admirant l’effaçade des maisons des siècles passés.

 

A la sortie du Musée Magritte Museum

assailli par une méharée de mirages 

nous nous sommes retrouvé sur le Mont Désert

à rechercher l’entrée des Arts

triste

 

A la place nous aurions mieux fait de visiter

le Musée de la Moustache, des Postiches et des Bacchantes

ou d’écumer comme un cheval les brocantes avoisinantes,

mais je n’avais pas eu le nez assez creux.

Cela devait arriver : j’ai voulu voir l’autoportrait

de l’Homme à la tête de Pipe

et je n’ai pas vu plus loin que le bout de Monet.

 

Toujours est-il qu’une tempête de marchand de sable 

issue du pinceau réaliste des Orientalistes

nous plongea dans un sommeil profond.

Sommeil de plomb transforme le rêve en or

                  Alchimie de l’art

 

 

 

Magritte dans sa Maison-iceberg

ourdit notre évasion urbi et orbite

pour que nos regard défenestrés

nourris à la fortune du beau

fassent trembler la femme de la bougie.

 

Quelle vision magique m’agrippa dans la Maison Magritte 

pour m’inviter à regarder dans le futuroviseur ?

Des images infidèles défilaient dans la foule effacée.

Le réel n’était plus un endroit sûr.

J’étais seul dans la file d’attente en vain.

La civilisation me démangeait comme un membre coupé.

J’avais perdu mon emploi à l’usine de sabliers :

le temps ne m’était plus compté…

Je ne pointais plus que sur la marche des pieds.

Je restais de marbre devant le spectacle d’une société

aussi absurde que cet escalier menant à un mur.

 

Alors, lassé de voir la Colombe déchirée

laisser couler sa chevelure de sang dans l’azur,

lassé de voir les pièces vivantes de l’échiquier du monde

faire toujours échec et masques à l’amour,

je suis parti me cacher quelque part dans le désert

où l’invisible court à perte de vue.

Et c’est là que je t’ai retrouvée, femme à la robe de pierre.

 

Loin des sirènes qui m’empoissonnaient l’existence

nous avons grimpé au sommet de la dune de sable

pour ouvrir la cage à nuages. 

 

… Nuages doux comme des agneaux aux ventres roses

sur lesquels s’imprimait l’empreinte de tes pas…

 

Assis sur le trésor de Shéhérazade

un vieux marin échoué grattait sa jambe de bois.

 

Jean Gennaro

Par V. Gabralga - Publié dans : Poésie
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