Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 
Dimanche 2 décembre 2007

Il était une fois, dans une maison ultramoderne,  un petit garçon,  triste,  soucieux, angoissé et tremblant de peur au moindre petit bruit.

Ses parents travaillaient tous les deux et ils confiaient sa garde à une nourrice peu scrupuleuse. Elle l’installait du matin au soir devant une télévision dernier cri,  immense, écran plat, au doux son agressif « dolby ».

L’enfant, qui portait le prénom chevaleresque d’Arthur, regardait n’importe quel programme  parvenant à ses yeux. Il se cachait au moindre cri, goutte de sang ou robot monstrueux. Ses nuits étaient peuplées de gigantesques dragons et de cauchemars à répétition. Ses parents, inquiets, dormaient très peu, mais ne soupçonnaient pas les raisons de ces rêves terrifiants.

Un jour, il vit, tout à fait par hasard, un film fantastique sur la planète et ses habitants en danger : « Un Jour sur Terre ».

Il  sentit comme une petite transformation à l’intérieur de son cœur !

Il faut dire qu’un nuage rose prénommé : Cirrus, était passé, ces jours derniers, au dessus de la maison et avait ressentit la détresse et la solitude d’Arthur.

Ce jour-là, le nuage décida de s’infiltrer dans la demeure en profitant d’un courant d’air opportun et changea le programme télévisuel.

Il s’était entortillé autour de l’enfant afin de lui constituer un petit nid douillet, chaud et protecteur.

Tous deux regardèrent avec recueillement le film quand tout à coup, aux dernières images, tel un vaillant chevalier de la Table Ronde, Arthur se dressa sur le canapé, brandissant sa peluche préférée, en hurlant : «  Je vais le sauver ! »Il s’agissait d’un ours polaire en mauvaise posture sur une banquise agonisante.

La nourrice accourut, dans le salon, affolée aux cris du bambin, plutôt tranquille d’habitude pour constater sa disparition mystérieuse.

Cirrus avait pris Arthur sur ses moutonnements célestes et tous deux étaient  partis en direction de la mer.

Ils embarquèrent sur le navire de « Pirate des Caraïbes » et se dirigèrent vers le grand nord.

Arrivés sur une banquise s’effilochant en lambeaux, ils découvrirent l’ours polaire en train de se noyer, à bout de force, ne retrouvant pas de glace ferme à se mettre sous les pattes.

Le nuage se transforma en corde et s’entortilla dans la toison neigeuse.

Le garçon fixa l’autre bout au bateau et se mit à pagayer vers un point lumineux, au loin, sur la terre gelée, peut-être un village, un phare, la balise d’une base de recherche ?

L’ours, épuisé, se laissait entraîner. Il n’avait plus aucune force pour réagir et se débattre. Résigné, il attendait la mort, quand tout à coup,  son museau heurta quelque chose de dur. Il souleva péniblement ses paupières et vit enfin ce qu’il cherchait depuis de longues heures.

Il rassembla ses dernières forces, réconforté par les douces paroles  d’Arthur et tiré par Cirrus, il mit ses grosses pattes sur un rocher et l’escalada !

Assis sur le bord de l’eau, de grosses larmes de fatigue et de reconnaissance perlaient aux yeux du mammifère.

L’enfant et le nuage reprirent le chemin de la maison, en envoyant des adieux à l’ours et disparurent dans la brume hivernale.

Arthur se retrouva, allongé sur le canapé de chez ses parents,  lové  dans une grosse couette duveteuse. Sa nourrice était près de lui. La télévision était éteinte. Une douce chaleur envahissait la pièce.

Au dehors, un épais brouillard rose encerclait la maison et commençait à s’effilocher.

Le bambin eut  un sourire de remerciement et d’adieu au nuage et bu le bon  chocolat fumant que sa nourrice éplorée lui apportait.

Il n’avait plus peur.

Il savait que sa nounou avait eu très peur de sa disparition et qu’elle ne le laisserait plus seul ni devant la télé, ni ailleurs.

Il savait également que quand il serait grand, il se battrait pour sauver la planète et les animaux menacés de disparition.

Il savait encore, qu’au retour de ses parents, il ne dénoncerait pas sa nourrice et ne parlerait pas de son voyage, mais il les inciterait à économiser l’eau, le chauffage…Comme il l’entendait fréquemment à la télévision !

 

Conte écrit par Joëlle Altazin suite à l'atelier d'écriture "mots migrateurs" où l'étude du conte était au programme...

par Joëlle Altazin publié dans : Nouvelle
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