Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 
Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 21:57

Cher ami,

  J’aime faire du vélo un peu au hasard dans les rues, mais plus particulièrement sur une rue : celle de mon enfance, celle où, en vacances, j’habite encore. Pourquoi cette rue là ? Parce que parfois, il se produit un phénomène étrange assez déconcertant même pour mes voisins qui, pourtant, ont toujours habité cette rue. Ma rue se met à s’étirer démesurément. Par temps très chaud, certains soirs d’été ma rue qui mesure, normalement, environ une petite centaine de mètres,  s’allonge démesurément pour mesurer alors plus de neuf cents mètres.  Cela n’arrive qu’exceptionnellement, deux ou trois soirs dans un été, donc dans une année. Je ne boude pas mon plaisir, je roule neuf fois plus dans l’air chaud du soir et je me réjouis d’une telle dilatation. D’ailleurs mes voisins aussi adorent voir leur rue s’agrandir. Leur maison et leur jardin deviennent neuf fois plus grands. Et au prix de l’immobilier, c’est très appréciable ! Deux ou trois fois dans l’année, ils deviennent neuf fois plus riches.

  Il n’y a qu’une vieille voisine qui n’apprécie pas ces jours-là. Elle revient chez elle neuf fois plus fatiguée et peste contre ses pauvres jambes. J’ai alors un peu honte à bicyclette de prendre autant de plaisir à me laisser aller en roue libre. Mais pourquoi faut-il toujours se sentir concerné par les problèmes des autres ? Ne suis-je pas en vacances ? Un plaisir comme celui-ci ne se refuse pas. Si l’on compte bien, il y en a si peu à l’intérieur d’une vie !

  Par contre, deux ou trois soirs par an, en hiver par temps très froid, ma rue subit le phénomène inverse. Elle rétrécit. Personne n’est content. Ni mes voisins, qui se retrouvent alors dans des maisons minuscules qui ne valent plus rien sur le marché de l’immobilier, ni moi qui ne peux profiter pleinement de ma rue en roue libre. Il n’y a alors que la vieille dame qui est contente. En effet, elle revient chez elle neuf fois plus vite !

  Bien amicalement,
  Lucco

  En espérant vous rencontrer un beau soir d’été, un de ces soirs où l’espace semble continuellement nous sourire et notre temps s’étirer avantageusement, comme les chewing-gums que nous mâchions enfants.

Luc Hazebrouck (les lettres de Lucco)

 

Par Les mots migrateurs - Publié dans : Correspondance
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Merci pour cette nouvelle lettre Luc, il fallait y penser ;-)
C'est toujours avec le sourire que je lis ces lettres...

Commentaire n°1 posté par Marie-Laure le 20/07/2009 à 22h02
ben voui ! les jambes de la vieille dame se dilatent aussi et elle se sent handicapée ! le bonheur des uns fait le malheur des autres...... ainsi va la vie.
bonne journée
arielle
Commentaire n°2 posté par arielle le 21/07/2009 à 10h23

Ho dommage ! Je découvre ton blog ce matin. Je le garde sous le coude peut-être reviendras-tu un jour et je pourrais faire

plus ample connaissance avec toi.

<a href="http://www.appartementsmarrakech.com">Location Marrakech</a>
 
Commentaire n°3 posté par LOCATION MARRAKECH le 25/07/2009 à 15h17
je découvre ton blog et fais un peu de lecture, moi je serais contente de cet aggrandissement, abonné a la rando donc la marche j'adore
a bientôt
lylytop
Commentaire n°4 posté par lylytop le 01/02/2010 à 11h09

Me voilà sur ce blog où je lis ces articles dans le peu de temps que je parviens à extorquer de ma longue journée.

La dernière phrase de ce texte me touche tout particulièrement; elle porte en elle une odeur d'aiguilles de pin et de sable brûlant, et envole à la surface de ma conscience toute une série de souvenirs...

Commentaire n°5 posté par Eonisra le 11/05/2010 à 18h07

j'aime beaucoup les lettres de cet auteur. Dites le lui. Merci.

clémentine

Commentaire n°6 posté par clementine le 31/05/2010 à 23h26

Présentation

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés