Association Mots Migrateurs
L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.
Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...
Une association à partager.
L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.
mots.migrateurs@club-internet.fr .
www.motsmigrateurs.fr
Il l’aime.
Elle ne l’aime plus.
Il pleure, il s’accroche, il se lamente.
Maintenant qu’elle a pris sa décision, elle ne reviendra plus en arrière. Treize années de mariage, quelques unes de bonheur, une routine dangereuse, une lassitude, une envie d’autre chose.
Il ne comprend pas. Sans elle, il n’est rien. Il ne veut pas entendre ses raisons.
Pourtant, depuis deux années, elle va mal. Elle a essayé d’attirer son attention, elle a essayé de lui parler. Elle a même tenté de l’aimer encore en jetant par dessus son épaule ses doutes.
Elle a pensé que c’était une mauvaise passe, que l’amour reviendrait.
Elle a tellement culpabilisé.
Il la soupçonne d’avoir rencontré quelqu’un d’autre, sinon pourquoi le quitterait-elle ?
Elle lui assure que non. Comment lui expliquer qu’un jour on peut arrêter d’aimer. Qu’un jour toutes les petites manies que l’on trouvait attendrissantes deviennent énervantes, au point de ne
plus les supporter !
Peut-elle continuer à mentir, à se mentir, à leur mentir, au risque de se perdre ?
Alors un jour elle s’est décidée. Elle continuerait sa route sans lui.
Sa fierté masculine en prend un coup. Etre quitté pour un autre aurait été finalement plus facile à admettre. Il aurait pu jouer au mari éploré et trompé par une épouse indigne.
Après l’apitoiement, il sort les griffes.
Il l’accuse de tous les maux.
Elle tient le coup. Elle ne veut pas être une de ces femmes qui subissent, de celles qui préfèrent mettre leur cœur en sourdine…
Et leurs deux filles, elle y pense ? Comment compte t-elle s’y prendre pour leur annoncer la nouvelle ?
Elle ne pense qu’à ça, qu’à préserver ses filles.
Elle sait qu’elle subira leurs assauts de jeunes filles en pleine crise d’adolescence.
Elle ne se facilite pas la tâche, pourtant, elle résiste.
Il supplie à nouveau, il pleure encore.
Il ne veut pas se retrouver seul, et en même temps il ne souhaite pas la garde de leurs filles : elles sont si difficiles en ce moment.
Après tout, c’est elle qui veut tout foutre en l’air, alors, qu’elle assume…
Commence la bataille judiciaire.
La famille, les amis y vont de leurs commentaires.
Souvent incomprise, montrée du doigt, elle a néanmoins le soutien de celles qui n’ont pas osé franchir le cap, et qui persévèrent dans une vie qui ne leur convient plus.
Ils ont l’intelligence de préserver leurs filles. Ils s’accordent au moins là-dessus.
Il n’a pas voulu voir que leur couple n’avait plus de sens.
C’est elle qui a pris les devants, c’est elle qui a pris tous les coups…
Ils sont officiellement séparés.
Elle est épuisée. Au milieu de son tumulte intérieur elle cherche à se reconstruire.
Un jour, peut-être, elle aimera à nouveau… Peut-être…
Déjà il vole vers d’autres bras, pour un peu il lui dirait merci…
Marie-Laure BIGAND
Texte écrit pour » la soirée au féminin », animée par l’association « Mots Migrateurs », en partenariat avec la Maison des Femmes de Cergy, et en écho à la journée Internationale des Femmes.
Marie-Laure BIGAND
Texte écrit pour » la soirée au féminin » du 18/03/08, animée par l’association « Mots Migrateurs », en partenariat avec la Maison des Femmes de Cergy, et en écho à la journée Internationale des Femmes.
(mieux vaut faire envie que pitié)
Dans chacune de mes larmes
Un peu de toi s’y cache.
A chaque coulée, tu perds un peu de tes armes.
Mais je sauve la face.
Tu tombes en paquets
Sur le parquet,
Pour finir dans une marre de « y en a marre ».
Tu ne le sais pas, je pleure à rideaux fermés.
La flaque s’étale,
Part en ru serpentant vers le caniveau,
Mon chagrin se fait la malle
Entraînant tous mes maux.
J’extirpe du fond de mes tripes
Ces tracas
Pour qu’à ta prochaine visite tu me trouves en joie.
Ainsi va la vie,
L’amertume doit sortir,
Courir de lit en lit
Jusqu’à la rivière de nos sourires.
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Bravo Marie-Laure !
Un texte très sensible et comme toujours dans tes écrits, très proche de la vraie vie. Même si le thème est douloureux..., on aime...
Philippe
Ci-joint un petit texte d'un ami poète.
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10 h 30 Mars
Matin sans réveil
De dimanche.
Les immeubles
Sont pleins
De petits-déjeuners
Endormis.
J’ouvre les yeux
Entre les draps chauds
De ton corps.
La lumière ruisselle
En parapluie.
Pourquoi dois-tu partir ?
Il fait si froid dehors
Texte de V. Gabralga - "Windowgirl" 2005