Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 
Lundi 27 mars 2006

Le 5 septembre 1955

 

 

 

Cher Maurice Rapin,

Votre lettre et le Nouveau petit modèle de Théière m’ont fait plaisir. J’ai pensé aussi un peu, ces derniers temps à l’éléphant, les premiers pas m’ont fait entrevoir une image où quelque chose, de provisoirement défini comme étant une personne, est posé sur la queue du sympathique animal :

[dessin à la plume représentant un éléphant avec un petit personnage sur sa queue]

Je travaille laborieusement à finir deux assez grands tableaux, commencés avant "les vacances" et que je trouve "en rentrant" dans le même état qu’ils étaient au moment "du départ". J’espérais parfois (très peu, pas assez sans doute pour que mon souhait soit réalisé) que ces tableaux se seraient terminés tout seuls à mon retour. Ces tableaux sont :
"Souvenir de voyage", qui est une salle à manger de pierre, éclairée par la flamme de pierre d’une bougie de pierre posée sur une table de pierre. Tout est en pierre dans ce tableau : le tableau qui est pendu à un mur (et qui représente lui-même une vieille tour de pierre, un arbre de pierre, le ciel en pierre), le lion couché aux pieds d’un vieux savant, debout, qui regarde ce qui l’entoure, le compotier et les fruits posés sur la nappe de la table, le parquet et les moulures du plafond.
[...] Evidemment, si une exposition de mes tableaux se faisait à Paris, je constaterais que les circonstances sont propices à cette manifestation. Mais les ont-elles actuellement, au point de vouloir à tout prix organiser quelque chose dont l’effet ne ferait que souligner le désintérêt des milieux artistiques et littéraires pour ce que nous aimons ? Croyez cher ami, à mes meilleurs sentiments et saluez pour moi Mirabelle et Andralis,

René Magritte Lettres choisies - René Magritte, Catalogue de l’exposition "Magritte tout en papier" Édition Hazan, mars 2006, (p.92 - 93). Voir http://fondationlaposte.org et http://www.museemaillol.com

par René Magritte publié dans : Nouvelle
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Jeudi 16 mars 2006

III
Accueille-moi dans tes bras ! Pour un voyage au cœur de ta semence qui pourra ainsi jaillir sur mon corps avide et sec. Sur mes seins brisés. Je veux être palpable, palpitante et sentir la pulsion de vie qui coule dans tes veines.

Je veux être sculptée par ta présence devinée. Par ton parfum en cascade sur les lignes de mes mains qui t’attendent sur le fil du temps égrené. Une boussole mystérieuse guide mes pas à la dérive. Derrière tombent une à une les larmes de chagrin passé.

Expo « A l’orée de la vraie vie »
Joëlle Altazin, peintre, présente à la bilbliothèque de Vauréal du 8 au 18 mars une exposition de 14 toiles sur le thème de la femme.Ce texte de notre philographe Paula Gonçalves est l'un des 14 textes qui ont inspiré Joëlle pour la réalisation de ses oeuvres.

par Paula Gonçalves publié dans : Poésie
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Mercredi 8 mars 2006

Il y aurait donc une histoire
Entre l’émotion et le bar
Une histoire d’accordéon
Accroché au sillage de l’eau

Entre l’émotion et le bar
Nous éclusons dans l’alcool
Les mémoires flottantes
Jusqu’à l’ivresse des mots

Une histoire d’accordéon
Qui vous prend à la berge
Comme le courant fragile
Des derniers « au revoir »

Accrochés au sillage de l’eau
Nous caressons des yeux
Les épaves des péniches
Ancrées dans la légende

Il y aurait donc une histoire
Entre fleuve et tango
Une histoire d’émotion
Contée à fleur de peau

V. Gabralga


Poème sur le zinc inventé de toutes « pièces » le soir même de la première représentation du spectacle « Pénichienne de vie », donnée au Café des Sports d’Andrésy le 7 mars 2006.
Ou la mise en scène de l’ouvrage du même nom, fruit du travail métissé de l’auteur Jean Gennaro et du photographe Béhi.
Acteurs, Jean Gennaro et Béatrice Bastiani, accompagnés à l’accordéon de Alain Déon.

par V. Gabralga publié dans : Poésie
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Mercredi 8 mars 2006

La RATP a tagué son logo
Sur toutes les rames.

Depuis que les tickets à l'unité
Sont devenus violets
Des violettes plates poussent aux sorties.

Aux heures de pointe
On est content d'être assiégé à une place.

En regardant les chaussures des gens
On peut connaître la saison
Sans être obligé de sortir.

Sur une portion de la ligne
Le métro nous a secoué
Il a bien fait
Parce que parfois on en a besoin.

Un homme, le visage contre la vitre,
A chaque station,
Ses rêves font une pause publicitaire.

Pour ceux qui ont beaucoup de transport par jour
Il faudrait des métros couchettes.

Quand on a raté le dernier métro
On lui reproche d'être à l'heure.

Parfois, sur le quai, un homme déraille.

Les distributeurs de boissons fraîches
Fonctionnent 24/24
Un service inutile :
le métro ferme la nuit.

En période d'attentats
On protège d'abord les poubelles

Une femme profite de l'effet miroir des vitres
Pour remettre sa mèche en place :
Le monde est un peu plus en ordre après ce geste.


Né en 1967 dans Les Charentes, David Dumortier vit à Paris.
Il a publié dans plusieurs revues, notamment Décharge, Digraphe, Rétro-viseur... et il est auteur de trois recueils aux éditions Cheyne et d’un ensemble récit/poèmes aux éditions Paris-Mediterranée.
Il intervient régulièrement en milieu scolaire.
David Dumortier est souvent iconoclaste, très attaché aux réalités concrètes avec en arrière plan, un point de vue politique souvent engagé.
Dans « Croquis de métro », publié aux Editions Le Temps des Cerises en 2005, Dumortier invente le cliché poème, l'écriture prise de vue. Le recueil est accompagné de dessins de Frédo Coyère, graphiste-dessinateur, qui, plutôt que de se livrer à une simple illustration des textes, commente, avec son trait, les situations évoquées dans les poèmes.

Dessins et poèmes s'inscrivent dans la vitesse contemporaine, « Croquis de métro » est un petit carré de vérité, pour lecteur pressé d'arriver à destination.
A lire d'urgence et partout, même dans le métro.

par David Dumortier publié dans : Poésie
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Mercredi 8 mars 2006

 

 Je suis assise sur une chaise, mal à l’aise, les bras à demi posés sur la table, jouant du stylo avec mes mains. Mon ouvrage s’étale en plusieurs exemplaires, à la vue du client, un joli bouquet de fleurs agrémente l’ensemble.
Non je ne suis pas la dame « pipi » du magasin, juste un jeune auteur « dans le métier » (pour l’âge c’est autre chose !), en quête d’un éventuel public.
Les gens passent devant moi, me regardent timidement, certains laissent échapper un sourire, d’autres prennent le livre entre leurs mains, le tourne, sans un regard vers l’auteur… Terrible épreuve que celle là !
Seule chez moi durant des heures, des semaines, des mois, face à face avec mes personnages, tandis que mes doigts noircissaient des pages et des pages et que les touches de mon clavier d’ordinateur donnaient forme à un texte, je dois maintenant livrer « mon bébé » aux lecteurs potentiels. Mais ne l’ai-je pas voulu ? Si, probablement, sans penser au supplice futur.
Je tente d’afficher une mine normale, voire décontractée. Vraiment pas évident ! Pourtant je suis disponible, prête à répondre à toutes les questions… Ils peuvent juste s’arrêter, me parler, je ne mords pas… Enfin pas encore !
Et puis d’un seul coup je réalise qu’eux comme moi sommes dans la même situation, ils n’osent pas, je n’ose pas, à décliner à toutes les formes de l’indicatif… Voilà bien là le problème, comment rompre la glace entre eux et moi, leur expliquer que mon but n’est pas de leur mettre mon livre entre les mains à tout prix et « bye bye », mais de transmettre ma passion pour l’écriture.
Je tente alors l’humour : « Allez-y, vous ne risquez rien ! » Je le dis ou pas : « je ne mords pas vous savez ! » Voilà j’ai gagné un point, un passant s’arrête, formule de politesse « bonjour - bonjour », il prend le livre, le tourne et lit avec attention le résumé. Souffle suspendu, attente, le contact va-t-il s’établir ? Au moment où je le sens à la fin de sa lecture, j’avance un peu plus dans le dialogue, faussement décontractée : « Profitez-en je suis là aujourd’hui pour dédicacer, demain ce sera trop tard ! » Nouveau sourire amusé, je ne peux pas mieux faire, surtout ne pas forcer, ce n’est pas dans ma nature.
Je n’étais pas préparée à cela, et pourtant la case « dédicace » est un outil à portée de l’écrivain en herbe pour émerger au milieu des nombreux livres qui éclosent comme les fleurs au printemps, sans leur légèreté : un livre a un poids ! Car le but premier de l’écriture est le partage, l’échange… Alors je continue de poser mon regard timide sur tous ces gens, toutes ces vies et  mon imagination vagabonde déjà vers d’autres histoires, prémices d’un prochain roman peut être.
Je suis en pleine torture mentale, le soupir intérieur, la main inactive, le malaise crescendo, une envie d’être ailleurs ! Continuer à écrire mais ne plus jamais sortir de chez moi, me murer entre quatre murs. Rien que d’imaginer une telle prison assombrit davantage mon humeur. Non, à tout bien réfléchir autant être parmi tous ces inconnus !
Le temps s’écoule dans un goutte à goutte. Je décide de ne plus avoir peur, distribue des « bonjours » à qui veut entendre et offre mon meilleur sourire, heureuse d’être sortie de mon « failli » futur enfermement !
Et tandis qu’une gaieté, légère comme la douceur d’une brise, me galvanise, l’inimaginable se produit. Des personnes s’arrêtent un peu plus longtemps, me parlent, s’intéressent à mon travail, me considèrent comme un auteur ! Mon stylo frétille, des prénoms défilent. Le choc des rencontres a lieu, l’émotion est palpable, le dialogue s’établit !
Une vague d’enthousiasme m’emporte et je crois lire dans certains regards un peu d’admiration. Je n’en crois pas mes yeux. Et maintenant le doute s’installe : si tous ces lecteurs n’appréciaient pas mon récit, si je les décevais ! Certains ouvrent le livre et devant moi lisent des passages, à différentes pages. J’ai l’impression que l’on effeuille mon âme. J’ai écrit cette histoire dans la solitude, et j’entends que l’on lise le livre de la même façon, dans le respect des heures de labeur.
La journée continue ainsi avec son lot de surprises, ses belles rencontres. A mon tour je ressens une reconnaissance pour ces gens qui me font confiance en acceptant de me lire.
La fin d’après-midi arrive, la fatigue me prend et je trouve émouvant d’être « fatiguée d’émotion ».
L’épreuve n’en était finalement pas une, c’était un réel enrichissement.

Promis, je recommencerais !

Marie-Laure Bigand


C'est un petit condensé d'expressions vécues et reçues d'autres auteurs lors de séances de dédicaces de ML Bigand.   

par Marie Laure Bigand publié dans : Témoignage
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Vendredi 24 février 2006

On appelait jadis centon un poème dont les vers ou les fragments de vers venaient d’emprunts à des auteurs divers. Par extension, nous devrions nommer ainsi toute sorte d’ouvrage, littéraire, historique, musical ou théorique fabriqué de pièces et de morceaux recopiés. Transcrivez un modèle, on vous traite de plagiaire, mais si vous en copiez cent, vous voilà bientôt docteur. Exemple : cette étude des racines gréco-latines du mot centre se réduit à un centon. Mot peu usité, en vérité, alors que le pot-pourri qu’il décrit se présente fréquemment.
La langue latine, donc, connaissait déjà le mot et la chose, on y composait déjà de ces salmigondis, aussi appelés satires, d’où l’on voit que la paresse n’a pas d’âge. Mais avant de désigner un tel mélange de morceaux choisis, à réciter, chanter ou citer, elle appelait cento un pan d’étoffe rapiécé, un lambeau de tissu composite, voici revenu le manteau d’Arlequin, comédien placé au centre de la scène et de ce livre.
Le mot français dont je regrette l’effacement « cento », parmi l’abondance des objets qu’il devrait désigner, comme son équivalent latin, renvoie au grec kentrôn, qui traduit exactement cento et le centon, poème à morceaux pris à diverses sources et manteau rapiécé, l’un jouant le rôle d’image de l’autre.

Extrait de l’ouvrage « Le Tiers-Instruit » de Michel Serres, philosophe, pp. 71 et 72, paru chez Gallimard dans la collection Folio Essais N° 199

par Michel Serres publié dans : Essai
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Vendredi 24 février 2006

A quarante-deux ans, Victor est un écrivain admiré et respecté. La spirale des mots, sous sa plume, a le pouvoir extraordinaire de donner la vie. Avec dynamisme, vitalité et bonheur, il les choisit. A chacune de ses phrases la moindre plume virevolte, le petit caillou ricoche, la fleur ignorée se révèle. Il sait parfaitement jongler avec les mots, il les manie avec aisance et amour pour créer la beauté. Victor a la faculté de baigner ses lecteurs dans la joie ou la tristesse, l’émotion, le trouble, la peur, la surprise, l’amour, la haine ou l’horreur, l’espoir et la tendresse. Il aime les mots autant que les livres. Les livres existent par les mots. Chacun a son importance, si petit fut-il, il est le rouage qui fait tourner la phrase. Chaque phrase fait partie intégrante du texte et contribue à la naissance de l’émotion, du sentiment. Victor est devenu un maître littéraire et il sait tout exprimer, simplement avec des mots.

Avec l’aimable autorisation de l’auteure : Marie Souffron. Extrait de l’ouvrage « Le fil invisible », roman paru aux Edtions Ivoire-Clair dans la collection « Le Moulin à Paroles », p.24.

par Marie Souffron publié dans : Extrait roman
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Dimanche 19 février 2006

Peter Sloterdijk, philosophe, "constate que nous sommes à une époque charnière. Les nazis ont inventé la mort industrielle, la techno-science a expérimenté les bombes nucléaires à Hiroshima et Nagasaki après avoir permis la destruction de Dresde par les bombardements massifs de bombes « classiques ». La visée d’émancipation est devenue barbarie avec le stalinisme, la technoscience contemporaine est en train d’inventer la vie industrielle avec le clonage. L’autre aspect de notre développement qui bouleverse les acquis de la modernité, selon son approche, c’est la diffusion massive de la culture multimédia. Cette culture multimédia est basée sur le son et l’image, les émotions, l’intuition, sur la rapidité, l’immédiateté, la réactivité, l’appréhension globalisante. Cette culture est en train de disqualifier la culture écrite, et peut-être même de la détruire. Pour acquérir un peu de culture écrite, il faut du temps, s’astreindre à lire, se plonger dans les textes, les décortiquer, intégrer les thèses, s’exercer à refaire les argumentations, les analyses, comprendre les nuances, les emprunts, les continuités et les discontinuités, entrer en communication intellectuelle avec des auteur-es mort-es depuis longtemps. Il faut beaucoup de temps avant de voir les résultats de tout ce travail. L’importance grandissante de la culture multimédia est un phénomène d’autant plus dangereux, qu’il arrive et se constitue de l’intérieur même de la culture.
Il pense donc que les humains sont ou seront forcé-es de se faire une opinion sur la manière de réguler la tenue que nous nous imposons à nous-mêmes. Cette question n’est valide que si on admet que les humains se maintiennent humains par eux-mêmes."

Note de lecture de Philippe Coutant, Nantes le 16 Juin 2001, sur Peter Sloterdijk " Règles pour le parc humain", Mille et une nuits, et Peter Sloterdijk " La domestication de l’Être", Mille et une nuits.
http://1libertaire.free.fr/sloterdijk.html
http://www.petersloterdijk.net

Peter Sloterdijk

Philosophe, écrivain, essayiste, professeur de philosophie et d’esthétique à Karlsruhe et Vienne, né en 1947, formé à l'école de la phénoménologie, de l'existentialisme et de la théorie critique, Peter Sloterdijk est sans doute aujourd'hui le penseur allemand le plus novateur et le plus expressif.
Comparable, par la radicalité de sa pensée à Nietzsche et à Bataille, inventeur de ce qu'il nomme un discours poétique « flottant », familier de la philosophie et de la poésie françaises, qu'il s'agisse de celle de Bachelard ou de celle de Michaux, il a fait sauter le cadre de la philosophie académique. Avec la Critique de raison cynique (traduite en 32 langues et constituant sans aucun doute un des plus grands succès d'une œuvre philosophique), en passant par Le Matérialisme de Nietzsche, Dans le même bateau, jusqu'à sa trilogie Sphères, Peter Sloterdijk a cherché à établir une nouvelle pensée : une théorie de la révolution et des analyses tant sociologiques que culturelles intégrées à ce qu'il appelle la « microsphérologie », c'est-à-dire l'interprétation de relations symbiotiques individuelles. (source: euracademie.org go, mars 2005)

par Philippe Coutant publié dans : Note de lecture
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Jeudi 9 février 2006

Mots - tôt
Mot - tard
C'est l'enduro
Des mots
ça crache les mots !
Tôt ou tard
ça devient ...
Un jeu de mots
Est-ce qu'un mot-nu ment ?
Je pèse mes mots
Lourds ? ou légers ?
Ne pas les mâcher
Ni s'en gargariser
Les avaler
Sans perdre un mot
Du goût des mots
Bon mot
Mot doux
Mot dit (!)
Mot à mot
Cher Pierrot
Si tu m'prétais ta plume
Je t'en toucherais
Un mot

par Caroline Tafoiry publié dans : Poésie
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Jeudi 2 février 2006

Il rêve à son futur château et s’éveille en sursaut,
de mauvaise humeur il chasse les ambassadeurs.
Il veut sa Galerie des Glaces, traite son architecte d’âne.
« Jeux de gloire, jeux de miroirs ! » l’a prévenu son bouffon
mais le sire bougon n’est pas d’humeur.
Quand il a ses aigreurs, il se soigne à la courtisane
et demande à sa favorite de sortir ses fesses de leur cage.
Ces ébats peu courtois lui laissant un goût amer,
il demande à son conseiller qui diable a inventé Cythère.
Mais l’homme l’ignore, ainsi que le plus docte sage.
Sa Majesté trépigne et mord son hermine,
Elle veut savoir ce qu’il y avait avant l’amour !
Mais personne n’est en mesure d’éclairer sa lanterne royale.
Alors que Sa Colère se lève sur une mer de dos tremblants,
un pauvre hère s’avance tout courbé vers le trône
et, levant sa lampe, souffle dans un râle :
« Antéros, Sire ! Un magicien jardinier qui donna
à la peau de la femme la douceur de la rose. 
On peut dire qu’il mâcha le boulot à Eros…»
Satisfait, le doux sire à ce docte vieillard
fait présent de son rhinocéros
et le nomme Doyen de la Sorbonne.

Une fois son palais fini,
le Roi donne une grande fête et trinque avec tous ses amis.
Un marquis vide-pot dirige les grandes eaux,
un poète emperruqué dédie un opéra à l’Astre couronné
qui, flatté, du coup vide son verre d’un trait de génie.
Mais soudain, se rappelant que ses ancêtres étaient des fainéants,
il déclare être le Roi Sommeil et se fait construire un lit géant. 
Seulement, son destin en a décidé autrement : il doit rayonner
et ce n’est pas en coinçant au pieu que ça va le faire !

Le Roi Soleil est nu, mais son médecin l’a prévenu :
S’il s’expose trop longtemps à ses propres rayons
il attrapera des coups de lui-même.
Fort de ces doctes conseils, et muni de crème à bronzer,
il peut aller passer des vacances dorées à Saint Tropez.

par Jean Gennaro publié dans : Poésie
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