Qui sommes-nous ?

Association Mots Migrateurs


L'association comprend aujourd'hui une trentaine de membres.


Collectif d’écrivains en Val d’Oise, ouvert à toute personne ayant un projet d’écriture : roman, recueil de nouvelles, pièce de théâtre, livre d’artistes, etc...

Une association à partager.

L’association Mots Migrateurs a pour objectifs de permettre à des écrivains, des auteurs de se rencontrer régulièrement, de faire connaître la littérature et l’écriture sous toutes ses formes, de mener toute action visant à promouvoir les écrits ou travaux littéraires de ses membres actifs, de faire vivre l’écriture contemporaine autrement.


mots.migrateurs@club-internet.fr .

www.motsmigrateurs.fr

 
Mardi 30 octobre 2007

Quand j'étais jeune, au siècle dernier, les romans d'anticipation et de science-fiction étaient très à la mode. Auteurs, philosophes, scientifiques de tout bord s'y sont mis. Les rayonnages des libraires se remplirent de ces histoires plus abracadabrantes les unes que les autres. On nous promettait des extra-terrestres à tous les coins de rue, des voitures volantes, des voyages intersidéraux, des robots en tout genre à notre entière disposition. On nous a dépeint une vie de rêve qui nous a fait rêver.
L'an 2000 ferait naître un siècle de technologie au service de l'homme. Une étape importante dans l'évolution de l'être humain.
Une vie nouvelle pour un homme nouveau.
Meilleure la vie, évidemment !
Certains émirent quelques doutes. Par exemple René Barjavel, visionnaire pessimiste, qui se méfiait du progrès.
Que penserait-il aujourd'hui de cette décomposition sociale dans laquelle nous nous noyons ?
Lui, l'amoureux de la vie et de la nature, qui craignait un retour à la barbarie, que dirait-il ?
Aurait-il le cœur à l'envers, des larmes amères et douloureuses devant le journal du soir ?
Sentirait-il cette peur ancestrale l'envahir à l'étouffer ? Celle qui terrorisait nos ancêtres du paléolithique face à l'animal sauvage. 
N'aurait-il pas honte de cette société si décadente ? Décadente au point d'obtenir que le meilleur ami de l'homme, domestiqué depuis des millénaires, en vienne à tuer nos enfants ?

Combien de petits cadavres ensanglantés, le visage déchiqueté par des crocs enragés ? Combien d'innocentes victimes jetées en pâture au nom de la connerie humaine ?
Combien de mères hurlant leur ventre arraché ?
Combien avant de voir arriver l'homme nouveau ?

Florence Foucart

par Florence Foucart publié dans : Billet d'humeur
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Samedi 20 octobre 2007

Cher ami,

   Nous n’avons pas tous le même corps. Je l’ai maintes fois constaté. Par exemple moi, j’ai un corps atmosphérique. Quand à l’extérieur il gèle, je deviens un bloc de glace. Quand il fait beau et chaud, je deviens un superbe lac. J’avoue que le plus difficile n’est pas lors de ces deux moments, c’est lorsque le temps change constamment. Mon corps atmosphérique, lui, est obligé de suivre tant bien que mal le mouvement des cumulo-nimbus … Je deviens alors tout pâteux, tout glaiseux. Un mic-mac difficile à dépeindre !

 Quand ce schéma se dessine, je réagis.  En effet, il est dangereux de s’enliser dans les marécages de son corps glaiseux. Vous finissez par ne plus ressembler à un être humain normalement constitué. Ou plutôt vous êtes encore humain mais votre constitution ne répond plus à aucune norme.

  Aujourd’hui, par exemple, ma femme m’a dit : « Attention, ta bouche est en train de glisser vers les pieds, il faudrait que tu la remontes. » Effectivement elle avait raison, en regardant mes pieds qui étaient devenus liquides - j’ai vu ma bouche vaguement encore solide qui baillait d’ennui et qui s’étirait dans tous les sens, tout en flottant.  J’ai donc essayé de la tirer de là pour la remettre à sa place, mais à chaque fois que je la remettais au bon endroit… elle se mettait de nouveau à glisser, lentement, insidieusement vers le bas. J’en suis resté bouche bée. Ma femme comprenait ce qui était en train de se produire. Elle voyait parfaitement bien que je n’étais plus en état de lui répondre. Elle est donc allée chercher notre caisse de bricolage et elle est allée chercher aussi ma bouche pour la clouer à même mon visage. Comme le clou ne suffisait pas, elle a pris l’agrafeuse clac, clac. Des agrafes un peu partout… « C’est mieux comme ça, m’a-t-elle demandé ? » J’étais bouche cousue, j’ai donc fait un signe d’impuissance et vlan ! Les bras m’en sont tombés. Vite, elle s’est munie de la perceuse- visseuse électrique pour  me revisser tout ça. Le danger avec cet engin - contrairement au tournevis classique – c’est que l’on ne connaît plus ses forces. Elle m’a tellement bien vissé les bras aux épaules que je ne peux plus les bouger. J’ai les bras liés. Voilà donc le tableau pour  garder forme humaine : elle a cloué par-ci, vissé par là ; scié des parties de corps qui étaient des excroissances inconnues par rapport au montage initial ; épongé ce qui était devenu liquide et mis l’ensemble de mon état pâteux dans une caisse hermétique. C’est ainsi que je suis devenu pour toute la soirée un homme-boîte. Ensuite, elle s’est assise fatiguée, il faut dire qu’elle avait beaucoup travaillé, et a regardé la météo à la télévision, pour savoir à quel moment de la semaine elle aurait, pour elle, un homme nouveau. 

  Evidemment je comprends que cela l’exténue. Il est assez fastidieux, d’avoir continuellement à revisser quotidiennement le corps de son époux lorsqu’on n’a pas une attirance particulière pour le bricolage. Par ailleurs, vivre avec un homme-boîte au beau milieu de la cuisine n’est pas non plus très pratique. C’est pourquoi nous avons convenu qu’elle pouvait, étant donné le dérangement occasionné, me ranger dans un coin de la pièce, par exemple à côté de l’armoire où se trouvent les assiettes et les couverts, en attendant le changement de temps favorable…
 Je profite justement d’une météo propice pour finir de vous écrire cette lettre.  

Bien amicalement
        Lucco

Luc Hazebourck "lettre de Lucco" dans la collection "La femme de Lucco"

par Luc Hazebrouck publié dans : Correspondance
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Samedi 13 octobre 2007

LE VENTRE

TOI, MON VENTRE, ON T’A OUVERT POUR FOUILLER DANS MON CORPS,
ON T’A RECOUSU SANS FAIRE DE DENTELLE
ET T’AS SOUFFERT QUAND MOI JE RIAIS
T'AVAIS BESOIN DE REPOS QUAND MOI JE VOULAIS COURIR DEHORS
T’AVAIS RIEN DEMANDE ET PUIS T ‘A OUBLIE
ET MOI JE T’AI CACHE POUR QU’ON ME FICHE LA PAIX.


LES SEINS

A MON SEIN PETIT BEBE
TU T’ACCROCHAIS, TU T’ENDORMAIS
JUSQU'A 3 ANS, TU AS TETE
J’EN AI ENCORE MAIS T’AS GRANDI
TU TE SOUVIENS ET MOI AUSSI.
PETIT BEBE, PETITE FILLE
PETIT BOUT DE FEMME, QUAND TU T’HABILLES
DANS TES BRASSIERES, Y A PAS DE SEINS
DANS LES BONNETS, TU METS DES BILLES
POUR VOIR COMMENT CE SERA DEMAIN.

Michèle SAVINI

Ces textes ont été réalisés dans le cadre de l'atelier d'écriture animé par Paula Gonçalves à la maison des femmes au printemps 2007.

par V. Gabralga publié dans : Nouvelle
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Vendredi 5 octobre 2007

Comme c’est déjà l’automne, ma saison préférée, je pense à toi mon cher Prévert, à toi et à ces milliards de feuilles mortes qui se sont envolées au paradis des poètes, depuis tant années. Je sais que toi aussi tu chérissais cette saison. Tu l’as si bien célébrée. Mais il faut que tu saches, que tes feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle. C’est bien fini ce temps, on est au 21ème siècle, que diantre ! Alors tes petites divagations pittoresques, c’est de l’histoire ancienne, et totalement obsolète.
Aujourd’hui, les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle, non monsieur ! On souffle dessus avec rage et détermination. On souffle à s’en époumoner, à couvrir le martèlement triste des pluies, des jours pâles et écourtés d’octobre.
On peut voir à travers les rues, des sortes de martiens affublés de combinaisons vertes, orange ou jaunes selon les villes, qui s’en vont sur les trottoirs, armés d’un drôle d’instrument ronflant et prétentieux. Sous les yeux horrifiés de vénérables platanes et de châtaigniers souffreteux, ces créatures étranges soufflent, soufflent, ronflent et nous feraient presque exploser les tympans. Mais les leurs de tympans, ils les protègent : ils arborent des casques avec deux soucoupes collées de part et d’autre de leur têtes d’abrutis !!! Tu n’en croirais pas tes yeux ni tes oreilles, cher Monsieur Prévert ! Rien de romantique dans leur univers ! Et les jours de grand vent, ils travaillent aussi, les cons, et c’est carrément ubuesque de les voir s’affoler en beuglant de plus belle, courir après ces feuilles rebelles qui s’obstinent à déguerpir, toutes ces pauvres folles qui ne demandent qu’à mourir en paix, seront piétinées par les godasses d’un flot urbain ininterrompu
Quand enfin, ils ont réussi et réalisé un honorable tas, un tas qui daigne tenir en place et ne plus bouger, et bien, ils aspirent après avoir soufflé. Piégées, les malheureuses se trémoussent encore, trémulent juste un peu avant de rendre l’âme dans le composteur. Quelle fin abjecte, n’est-il pas ?
Au fait, as-tu jamais entendu un nom pareil : Composteur. Tu pourrais croire, à juste titre, que je me suis trompée et que j’ai sauté un « i » quelque part ! Non, cher poète ! Ça existe bel et bien ! C’est une espèce de machine qui pulvérise tout dans ses bas flancs glabres, une sorte de grosse chenille dévoreuse de feuillages, branchages encore verts, déchets végétaux multiples. Et à la fin de sa courte mastication elle ne restitue qu’une poudre noirâtre destinée à alimenter et sustenter nos jardins et nos potagers. Enfin il me semble, car comme toi je pense, je ne suis pas une éminente spécialiste du broyage et encore moins du compostage.
 Et je te prie de croire, que c’est navrant d’entendre tout ce boucan, alors que j’ai seulement envie de rêvasser à mes vacances passées, et d’écrire des vers, et ce n’est ce genre de mot que je pourrai caser dans un poème à la gloire de l’automne et de ses bois couronnés d’un reste de verdure. Cher  Prévert… Tu vois, je n’ai pas oublié la chanson.

Brigitte Lécuyer 

par Brigitte Lécuyer publié dans : Billet d'humeur
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Samedi 29 septembre 2007

Le silence,
Rien que le silence.
Comme un ciel trop lourd,
Comme un cri desséché,
Je manque de toi
Qui ne m’appartient pas.
Je pleure intérieur
En silence.
Rien que l’absence.
Comme un sol trop dur,
Comme un baiser interdit,
Je suis seul de toi
Qui ne m’aime pas.
Je meurs intérieur
En souffrance.

 
V. Gabralga

2005

par V. Gabralga publié dans : Poésie
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Vendredi 7 septembre 2007

Séparé du monde réel je n’obéis qu’à mes règles
Lorsque la nuit s’anime, j’embrasse alors ma victime

Quand les gens ferment les yeux, moi je commence à peine mes jeux
Quand les amoureux s’enlacent, débute alors le face à face

Les diamants noirs ne dorment pas,
De toute façon qui les sauvera ?
Rejetés par l’absurdité

Nous resserrons les liens pour éviter le quotidien
Nous bannissons les tabous propres à ceux qui sont jaloux

Le diamants pour la beauté,
Le noir pour les choses cachés,
Au grand jour nous prouvons que l’amour à ses raisons

Les diamants noirs ne dorment pas,
De toute façon qui les sauvera ?
Rejetés par l’absurdité

Si nos jeux sexuels les gênent, c’est qu’ils sont tous prisonniers
En enfermant leur rêves, ils ont banni l’originalité

Les diamants noirs ne dorment pas,
De toute façon qui les sauvera ?
Rejetés par l’absurdité

Chanson du groupe SHEILA MOON, auteur Lulho

par Lulho publié dans : Chanson
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Vendredi 7 septembre 2007

A l’hôpital des damnés, je n’y retournerais pas
Souvenir des jours passés où je vivais comme un rat

On ne m'y reprendra plus à courir dans les couloirs
Enfermé à mon insu, je suis guéri et j’ai espoir

Ma nouvelle vie commence aujourd’hui
Connaître ma vie, ça leur donne envie
Je suis la star des médias
Et le public adore ça
Je suis la star des débats
Sur ma folie j’ai un contrat

Un mois que je suis sorti, déjà j’explose l’audience
Pour les fous pas de répit, j’ai enfin une deuxième chance

Séances photo et cocktails, on m’interpelle dans la rue
Ils ont pour moi de la peine, et ça ils n’auraient pas dû

Ma nouvelle vie commence aujourd’hui
Connaître ma vie, ça leur donne envie
Je suis la star des médias
Et le public adore ça
Je suis la star des débats
Sur ma folie j’ai un contrat

Ils m’ont fait perdre patience, et de nouveau j’ai craqué
Je reviens dans l’ambulance à l’hôpital des damnés

Ma nouvelle vie prend fin aujourd’hui
Le monde du show-biz’, tout ça c’est fini
Je n’suis plus star des médias
car le public fait son choix
Je n’suis plus star des débats
ma folie a rompu le contrat

Chanson du groupe SHEILA MOON, auteur Lulho

par Lulho publié dans : Chanson
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Mardi 28 août 2007

Sous le soleil, les rues ont sorti leurs chaises longues de silence...
Un chat fait la sieste à l'ombre d'une voiture ; pion isolé sur le damier d’un parking de super marché. Ne vous y trompez pas, nous sommes le 5 août, la plupart des Franciliens ont déserté leur territoire pour des latitudes plus clémentes...
Comme si la grande ville s'était endormie au soleil.
Les rues et les places sont en manque de cris d'enfants et de passants. Le vol d'un pigeon claque et résonne dans le couloir des façades d'immeubles muettes.
Là-haut, les nuages et le ciel bleu font des découpages avec les toits et les cheminées. Il fait chaud à vous mouiller la chemise même sans bouger.
Vous cherchez l'air de musique qui pourrait dessiner cette ambiance d'absence.
Peut-être le premier mouvement de la Sonate en Ut dièse mineur, dite "Clair de lune" de Beethoven ? Vos pas traînent entre deux êtres.
Le vous-même du mois de juin et celui qui viendra en septembre.
Le milieu de l'été devient passerelle, suspension, errance.
Seuls les points d'eau et d'air climatisé continuent à vivre quand ils ne sont pas fermés par la fatigue de l'année.
J'ai rencontré une vieille dame à la banque. Elle m'a dit qu'elle venait ici un jour sur deux et restait des heures à faire ses mots croisés sur les fauteuils de la salle d'attente. Elle n'avait pas besoin d'argent, mais seulement de fraîcheur et de compagnie.
Où trouver ceux qui restent ? Dans les lieux d'alimentations, les bistrots, les pharmacies, les banques, les stations services... et les espaces verts.
L'été, les jardins publics se font stations balnéaires du pauvre. Vous savez celui qui ne partira jamais ou alors seulement un jour, sur une plage de mer du Nord entre un sandwich et le drapeau de la Croix-Rouge. En ville, les pelouses râpeuses se font patchwork de serviettes, de corps dénudés, de canettes de bière et de glacières familiales. Cela sent la peau huilée, la graisse de poulet froid, les parfums premiers prix, les baisers volés.
Là-bas, le bassin et son jet d'eau ont pris un air de pataugeoire improvisée pour les plus petits. Les poubelles débordent de couches malodorantes et de fin de règne de pique-niques melons et pâté...  Il faudrait évacuer ces ordures saisonnières, mais l'hygiène et les agents de la propreté de la ville sont eux aussi, semble-t-il, partis en congés !
Vivement la rentrée que l'on mette de l'ordre dans tout cela, que ces gens retournent au travail, leurs enfants à l'école, et que Mme Dupond-Durant puisse à nouveau, en toute impunité, laisser son Labrador souiller les gazons "interdits"  lors de ses promenades de fin de matinée.
Que faire chez soi à une telle longitude du calendrier ?
Si l'on ne part pas, les 7 et 8 sont les mois des déménagements, des travaux, des rangements, des stages... Comme s'il y avait un imperceptible besoin de continuer à s'activer ; puisque l'on n'a plus le prétexte des vacances, donc celui de s'autoriser à ne rien faire en quelque sorte. Besoin de remettre à neuf, de se préparer déjà pour la rentrée !
Sous la chaleur écrasante, les Abribus ont des allures de mirage. Les transports en commun deviennent saunas de banlieue pour quelques "privilégiés" involontaires, sans oublier les chauffeurs souriants-transpirants. Le ticket mauve vous poisse les doigts et, bien qu'il soit 13 heures, vous pensez déjà à la douche fraîche et réparatrice du soir.
Août ! C'est aussi voir sa ville autrement, prendre le temps de flâner dans ces endroits que vous ne fréquentez pas habituellement parce qu'ils ne font pas partie de votre programme quotidien ; supermarché, école, boulot, médecin, sports, boulangerie, associations, ciné... Voir l'envers du décor ou découvrir la scène sans pièce à jouer. Être sans montre, sans rendez-vous, sans obligation, chez vous, comme un explorateur du temps arrêté, un sociologue du hors champ, un écrivain des non-lieux, un homme ou une femme qui se fait réflexif à soi-même, dans le miroir des vitrines vides et des panneaux publicitaires périmés.


Un texte de V. Gabralga

par V. Gabralga publié dans : Témoignage
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Dimanche 10 juin 2007

(Les toboggans ne sont pas faits pour les  mamies)
Tu l’as vue la grosse qui s’éclate en glissades sur ma  piste,
Non mais, tu l’as vue user son dard sur ma  rampe ?
J’vais lui rappeler qui est l’bos..parole de  cocsis !
Elle va tomber su’l’cul puisqu’elle en  r’demande.
Sitôt dit sitôt fait, les 2 rosses se sont alliées créant  une rixe :
Bataille sous mon tutu…j’ai perdu  l’élégance !
Je reste coï. Mes os sont à la noce. Cahin caha je me  hisse
Usant du superflu. J’vais pas leur montrer à quel point je  danse !
L’état de mon popotin nécessite que je  force,
Jour  et nuit  avec hantise
Mes p’tits nerfs font du morse,
Sur mes atouts maintenant je  mise.

Moralité

Il ne faut pas négliger ses  osses
Au risque d’engager le pis.
Chaque membre a convenu qu ‘en cas  d’oubli
Vous  saurez que  vous n’êtes plus un gosse .

Poème d'Arielle ALBY

par Arielle ALBY publié dans : Poésie
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Lundi 4 juin 2007

Information, journal d’M6 à 13heures
Reprise au journal de 20heures
Carlos et Fernando s’aiment d’amour sincère
A les voir serrés l’un contre l’autre
Déambulant dans les marais
Se papouiller, se bécoter
Certains pourraient rougir
D’autres s’indigner
Quelques uns se troubler
Un peu s’attendrir
Toujours est-il
Que si Carlos et Fernando s’aiment
A leur union quelque chose manque
Un tel amour reste stérile
Dame nature l’a décidé
La société a approuvé
Rien ne peu naître d’une telle idylle

Mais nos amoureux se morfondent
Au point de tout tenter
A la limite de la légalité
A même penser voler
Aux autres leur bébé
Et le nid reste vide
De leur amour infertile
Quand des personnes attentionnées
Sensibles, indociles et subtiles
Eurent l’ingénieuse idée
De leur confier un petit abandonné
Que nos deux amoureux se mettent à couver
A choyer
A dorloter
Et le nid fut rempli
Certains pourraient rougir
D’autres s’indigner
Quelques uns se troubler
Et un peu s’attendrir
Pour Carlos et Fernando qui s’aiment d’amour sincère

Pourtant, personne pour hurler
S’interroger sur la morale
Pour se formaliser, crier au scandale
Protester, vilipender
Carlos et Fernando qui s’aiment tranquillement
S’épanouissent librement
Elevant le petit soigneusement

Et si personne ne se choque
Personne ne critique
Si vous avez le droit de vous émouvoir
De vous amuser de cette histoire
C’est qu’ils sont anglais, homosexuels
Et flamands roses
Et quand on est anglais et flamands roses
On a le droit d’être homosexuels
Et d’adopter un oison rose

Alors
Bonnes gens soyez soulagés
Réjouissez-vous, applaudissez
Le monde n’est pas fou
Dame Nature canalise
Que la société se tranquillise
Morale est sauve

Heureusement ?
Malheureusement ?
Demandez-le à l’oison rose.


Florence Foucart

par Florence Foucart publié dans : Poésie
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